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:: Quand un État s’improvise banquier…. ::

 
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€goldster


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MessagePosté le: Mar 10 Avr - 16:36 (2012)    Sujet du message: Quand un État s’improvise banquier…. Répondre en citant

Quand un État s’improvise banquier…. 
Publié le 10 avril 2012 


 
Qui n’a jamais entendu quelqu’un réclamer la nationalisation des banques ? À en croire ses thuriféraires, cette idée est la seule réponse rationnelle aux « excès du capitalisme débridé ». Sous l’égide bienveillante – mais vigilante – des représentants de la Nation, les banques nationalisées investiraient prudemment l’argent que les citoyens leur auraient confié. L’expérience a été tentée en Belgique. Avec des résultats … comment dire … plutôt mitigés.  

 
Connaissez-vous la « Caisse d’investissement wallonne » (CIW) ? Non ? Pour vous la présenter, permettez-moi de céder la parole à Jean-Claude Marcourt, ministre de l’économie de la Région Wallonne, qui le fait admirablement sur son blog

 
Face à la crise financière et du capitalisme débridé que nous vivons aujourd’hui, le Gouvernement wallon a pris ses responsabilités pour garantir non seulement aux entreprises qu’elles pourraient bénéficier des financements dont elles ont besoin dans le cadre de leur développement, mais aussi aux citoyens qu’ils pourraient mobiliser de manière garantie leur épargne pour soutenir le développement de leur région. 

[…]

 
Les principes de base de la Caisse d’investissement sont :

·         participation citoyenne large ;

·         avantage fiscal pour les particuliers investissant dans le fonds, garanti par la Région du capital investi ;

·         rémunération du capital investi conformément au marché ;

·         utilisation des fonds collectés dans un développement durable de la Région.

 
Relisons bien cette dernière phrase : « utilisation des fonds collectés dans un développement durable de la Région ». Et découvrons sans plus tarder le titre d’un article paru dans le journal Le Soir le 30 mars dernier : «  La crise grecque fait perdre 4 millions à la banque wallonne ».  En quoi une Caisse d’Investissement dédiée au développement de la Wallonie peut-elle être affectée par une crise touchant les obligations émises par l’État grec ? Les premières lignes de l’article nous éclairent : 

 
« En 2009, la Caisse d'investissement de Wallonie a placé une part non négligeable de son capital dans des emprunts d'État grecs. »

 
Placements à la carte

 
Pour résumer l’affaire, la CIW nouvellement créée, et dotée d’un capital de départ de 20 millions d’euros, lance à grands fracas un emprunt obligataire qui lui permet de récolter plus de 80 millions d’euros. Dans l’attente de projets à financer, et d’un aval des autorités européennes qui craignent d’avoir affaire à une distribution déguisée d’aides d’État, elle place immédiatement sa trésorerie. Selon quelles règles ? La lecture du décret portant  création de l’organisme nous l’apprend. L’alinéa 3 de l’article 2 stipule en effet, entre autres (caractères gras ajoutés par mes soins) : « […]La "C.I.W." peut, notamment, en vue de favoriser la réalisation de son objet social : […]6°) procéder à l'acquisition de tout effet mobilierdans le cadre de la gestion de sa trésorerie.  »

 
En clair, le décret octroie donc un blanc-seing complet aux gestionnaires de la CIW quant à la manière dont ils investiront la trésorerie de l’institution. Ces derniers décident donc de placer l’équivalent d’un quart de son capital social dans des obligations de l’État grec à une époque où le terme « PIGS » existait déjà depuis belle lurette pour désigner les économies chancelantes du Portugal, de l’Italie, de la Grèce et de l’Espagne. 

 
76 millions d’obligations européennes

 
Nonobstant la mauvaise réputation du pays, donc, la Caisse investit, d’après le magazine financier l’Echo, près de 5 millions d’euros en obligations grecques. Le montant a de quoi faire tiquer : il représente un quart du capital social de la CIW, et 5% de ses moyens d’actions (le capital de 20 millions et les 80 millions récoltés grâce à l’emprunt obligataire). En fait, 76 millions d’euros, soit trois quarts des moyens de la CIW, ont été investis fin 2009 dans des emprunts émis par les États de la zone euro. Des placements qui, soit dit en passant, et bien que ne correspondant pas à la philosophie d’investissement de la CIW, sont repris dans les comptes annuels de l’entreprise à la rubrique « immobilisations financières » alors que la logique comptable voudrait qu’il ne s’agisse que de simple placements de trésorerie. Les seuls investissements autorisés devraient en effet être consacrés au financement d’entreprises wallonnes. 

 
11 prêts seulement !

 
D’ailleurs, en parlant de ces « investissements dans l’économie wallonne », l’Echo relève que les investissements conformes à l’objet social atteignent aujourd’hui 14,78 millions d’euros : 11 prêts accordés à 10 sociétés, dont trois du même groupe. En matière de diversification, on a déjà vu mieux. Tout comme en matière de soutien à l’économie régionale, d’ailleurs. En attendant, suite à la restructuration de la dette grecque, l’institution doit aujourd’hui acter une perte exceptionnelle de 3,8 millions d’euros sur ce placement malheureux. 

 
Abonnée aux pertes

 
Cette perte, nous apprend le journal financier, vient s’ajouter au 1,1 millions d’euros déjà perdus par ailleurs. Soit une perte totale, pour l’exercice 2011, de 4,9 millions d’euros. Une malheureuse exception ? Pas du tout ! Un coup d’œil au rapport annuel 2010 de la CIW nous apprend que, depuis sa création, l’entreprise enregistre des pertes : 1,355 millions d’euros en 2009 et 1,264 millions d’euros en 2010. 

 
Appelons un chat un chat : depuis son lancement, cette entreprise, au capital social de 20 millions, a donc subi une perte cumulée de 7,5 millions d’euros, soit près de 40% de son capital de départ ! À ce rythme-là, lui restera-t-il encore quelque chose pour payer les 4,6% d’intérêts annuels sur son emprunt, soit près de 4 millions d’euros ? Aura-t-elle les moyens de rembourser les obligataires en 2019 ? 

 
Nationaliser les banques ? Vraiment ? 
 

_________________
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MessagePosté le: Mar 10 Avr - 16:36 (2012)    Sujet du message: Publicité

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