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:: L'éternelle rengaine étatiste : "c'est une crise du capitalisme néo libéral" ::

 
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€goldster


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MessagePosté le: Jeu 23 Sep - 20:14 (2010)    Sujet du message: L'éternelle rengaine étatiste : "c'est une crise du capitalisme néo libéral" Répondre en citant

Offensive médiatique néo-keynesienne: ma réponse aux atterrants "économistes atterrés"
23 septembre 2010
 
 
 
 
 
L'éternelle rengaine étatiste : "c'est une crise du capitalisme néo libéral"

Sous la bannière des "économistes atterrés", quatre économistes se décrivant comme venant d'horizons différents s'affligent dans les colonnes du "Monde" des politiques qualifiées de "néolibérales" de réduction des dépenses publiques mises en place par les pays occidentaux, qui n'auraient pour seul but que de plaire "aux marchés", entités désincarnées dans lesquelles ne s'ébroueraient que de vils "spéculateurs", et qui seraient impropres à résoudre "les déséquilibres de l'économie néolibérales moderne", laquelle est évidemment pointée du doigt comme l'unique responsable de la crise que nous vivons.

Leur manifeste est détaillé plus longuement sur leur blog, manifeste dans lequel ils déroulent une vingtaine de mesures selon eux indispensables, allant de l'harmonisation des fiscalités européennes couplée à la hausse des taux marginaux -l'attractivité du modèle français, sûrement...-, une taxe de type Tobin, une taxe spéciale sur les bonus des traders, etc...

Si l'économie était une discipline scientifique, il ne serait pas utile de consacrer du temps à déconstruire ce mauvais mémoire. Ces quatre personnes peuvent bien exhiber tous les diplômes et palmes académiques possibles et imaginables, leur manifeste est tellement navrant que j'ose croire que tout élève normalement constitué de licence d'éco devrait pouvoir en analyser les failles. 

La mauvaise théorie chasse la bonne

Mais hélas, l'économie est une science politisée. Pour l'avoir oublié, un très illustre économiste des plus estimables, F.A von Hayek, dont je m'efforce par ailleurs modestement d'entretenir la mémoire, a fait l'erreur de croire que la stupidité des théories d'un charlatan de son époque, un certain J.M. Keynes, suffirait à le disqualifier auprès des décideurs politiques. Il n'en fut rien : Keynes était un beau parleur, et ses idées, à défaut d'être justes, étaient séduisantes pour la classe politique, en ce sens qu'elles flattaient l'orgueil de cette profession si particulière que ses membres finissent par croire que leur mission est de façonner la société selon leurs propres désirs. Aussi Hayek négligea-t-il initialement les idées de Keynes et estima inutile de perdre du temps à le démonter.

Hayek eut, il est vrai, d'autres chats à fouetter dans les années 30 - il dut quitter l'Autriche et se réfugier à Londres pour fuir les nazis... et fut hébergé par ce même Keynes -nous devrions au moins lui être reconnaissant pour cela-, lequel, au contact du grand homme, finit par reconnaître après guerre, dans l'indifférence générale, que certains points de sa théorie générale devraient peut être faire l'objet d'une révision. Trop tard, le mal était fait... Le poison keynesien pouvait inspirer des générations et des générations d'économistes.

Nicolas Sarkozy vient d'ailleurs de relancer à la tribune ds nations unies l'idée d'une taxe internationale sur les mouvements de capitaux. J'ignore s'il s'est inspiré des économistes atterrants avant de lancer cette idée, mais qu'importe, c'est bien la preuve que ces idées ont un pouvoir de séduction réel sur nos dirigeants.

Une sorte de programme commun revu à la sauce argentine...

Nombre de ces économistes post-keynesiens vont bien plus loin dans le délire pro-étatiste et interventionniste que leur mentor. Et c'est donc le cas de nos quatre économistes à enterrer, pardon, "atterrés".

Car j'ai omis de préciser qu'outre les hors d'oeuvres mentionnés au début de cet article, ils étaient également favorables à une nationalisation du crédit pour les activités jugées "socialement et environnementalement prioritaires" -Tiens, c'était dans le programme du PCF en 1978 !-, au renforcement du pouvoir des syndicats dans l'entreprise contre ses légitimes propriétaires, à la spoliation des gros détenteurs de dette publique (sûrement pour inciter les épargnants à continuer à financer notre dette), à l'assurance de la monétisation des dettes publiques par la BCE, à plus de services publics, à une protection sociale accrue dans le domaine du logement - j'attends les détails avec curiosité. Un droit à la villa-piscine opposable, peut être ? - et à une réorientation forcée de l'économie vers l'économie dite "verte". Bref, à quelques encablures de la dictature du prolétariat, leur programme oscille entre une régurgitation écologiquement correcte du programme commun de François Mitterrand en 1978 et une sorte de Péronisme à la Française. Le modèle argentin... Mais pourquoi personne n'y avait pensé avant, je vous le demande ?


Oh, comme ils ne sont pas idiots, ils prennent bien soin de mêler quelques éléments factuels parfaitement exacts dans leur diagnostic, tels que l'indiscutable et délétère connivence entre pouvoirs financiers et pouvoirs politiques. Ils écrivent assez bien, leur prose semble recueillir pas mal d'avis favorable de ceux qui prennent le temps de la commenter. Mais toute leur construction intellectuelle visant à imposer plus d'état, plus d'encadrement de l'économie, découle d'un postulat initial somme toute assez peu argumenté, que les trois quart de ce que la profession d'économiste compte comme membres nous ressasse à l'envi : "Cette crise est une crise du capitalisme néolibéral - il faut que l'état intervienne plus dans l'économie".

Je ne vais pas, dans cet article déjà fort long, vous infliger un démontage en règle de leurs 10 "idées fausses et solutions étatistes pour sortir de la crise", mais m'en tenir au diagnostic, si vous le permettez.

Ils voient le diable libéral partout

Dire que cette crise est une crise du capitalisme n'est pas en soi ridicule. Nombre d'entreprises privées ont pris de très mauvaises décisions dont le résultat a largement dépassé le cadre de leur seule faillite individuelle, et le fait que le cadre d'incitations mis en place par les états, année après année, législation perverse après sauvetage immoral, soit dramatiquement mauvais, ne les exonère pas de leur responsabilité. Notamment, le monde de la finance a préféré tirer profit de législations perverses, allant jusqu'à subvertir les organismes publics censés "réguler" leur activité, plutôt que de se battre pour des règles plus saines. Une crise du capitalisme ? C'est indéniable. Mais de quel capitalisme ?

Si ces faits justifient que l'on évoque une crise du capitalisme, ils devraient aussitôt disqualifier l'emploi de l'adjectif "libéral", ou pire, de son néologisme péjoratif "néolibéral" créé par la gauche pour pouvoir l'employer en se passant d'arguments, pour désigner ce capitalisme là.

Petits rappels : le capitalisme libéral en quelques phrases

Rappelons, pour les économistes affairés et les autres, ce que serait un capitalisme authentiquement libéral, loin des caricatures que nous en donnent les conservateurs et socialistes de tout poil, entre inculture crasse et mauvaise foi pathologique.

Dans un capitalisme libéral, tout le monde peut tenter sa chance et investir son capital pour proposer ses produits ou services à la clientèle, mais personne ne peut obliger les clients à accepter votre offre au prix que vous estimez devoir la vendre. Autrement dit, tout acte d'entrepreneur peut vous rapporter des revenus importants en cas de succès, mais peut vous conduire à la faillite en cas d'échec, avec toutes les conséquences désagréables qui accompagnent cette étape. Ajoutons que le seul moyen, pour l'entrepreneur, de rester sur le marché, est de dégager un profit de façon pérenne. Cela veut dire qu'il ne doit pas chercher à maximiser son profit à court terme, mais à long terme, ce qui est bien plus difficile. Cela suppose donc un compromis permanent entre recherche du profit et limitation des risques.

Il en résulte que, pour un entrepreneur normalement constitué, deux obligations impérieuses s'imposent à lui, et dans cet ordre de priorité :

1. rester en vie, au sens des affaires s'entend,
2. gagner de l'argent

Il est à noter que l'entrepreneur qui remplit ces deux conditions non seulement peut en vivre, mais contribue à satisfaire les besoins de sa clientèle, et à permettre à des salariés et autres co-contractants de profiter d'une partie de sa réussite. L'entrepreneur qui réussit est donc un bienfait pour la société, sous réserve qu'il le fasse honnêtement.

Cependant, Il est inévitable que certains entrepreneurs commettent des erreurs d'appréciation. Erreur de jugement, malhonnêteté, cupidité excessive et mauvais management des risques, malchance noire... Ce sont là des faiblesses bien connues de l'espèce humaine, nécessaires contreparties des qualités qui en font la grandeur. La capacité des humains à créer de grandes choses est consubstancielle à leur capacité à se tromper. Ceux qui invoquent ces faiblesses pour expliquer la crise n'apportent pas grand chose au débat, surtout lorsqu'ils affectent d'oublier que ces faiblesses ne disparaissent pas lorsque les humains quittent la sphère privée pour devenir "élus" ou "technocrates".

L'erreur humaine pouvant entraîner jusqu'à la faillite et la liquidation, et la faillite d'une entreprise pouvant créer moult désordres vis à vis de ses fournisseurs et clients, les sociétés, à partir du moment ou elles ont inventé le commerce, ont inventé les moyens de permettre à la faillite individuelle de ne pas se transformer en catastrophe collective.

Les mécanismes naturels de défense des tiers contre les défaillances individuelles

Le "grand méchant marché" a donc donné aux millions d'agents économiques qui s'y inscrivent librement des moyens de limiter les conséquences des erreurs inévitablement commises par certains. Si nous laissons de côté le problème de la malhonnêteté et ses nécessaires répercussions judiciaires, sur lequel il y aurait trop à dire, nous pouvons citer pêle mêle :
  • libre concurrence,
  • règles et normes prudentielles forgées par la connaissance au cours du temps,
  • l'obligation de dévoiler honnêtement sa situation financière,
  • différents types d'assurance,
  • des taux d'intérêts intégrant le niveau de risque attribué à l'emprunteur,
  • des lois de gestion des faillites plus ou moins efficaces,
  • la gestion des conflits par une justice indépendante et appliquant des règles garantissant le respect de la propriété,
  • et surtout, une application pleine et entière du principe de responsabilité individuelle vis à vis des erreurs commises et de la non tenue des engagements.


Toutes ces règles, tous ces outils sont nés de la pratique, de la coutume, par essais et erreurs. Les nations qui ont su les traduire avec intelligence dans un système législatif pérenne ont engrangé plus de progrès économiques que les autres. Pour reprendre une terminologie à la mode, leur développement a été plus "soutenable".

La question qui se pose donc est de savoir pourquoi, lors de cette crise, ces mécanismes n'ont pas pu empêcher la transformation de quelques erreurs individuelles, certes importantes, en marasme collectif.

Osons cette hypothèse, maintes et maintes fois démontrée dans ces colonnes par l'exemple : La crise est devenue systémique parce que les interventions des états dans l'économie, depuis parfois plusieurs décennies, ont abouti à casser les mécanismes de défense naturelle de l'économie contre l'extension des conséquences des faillites individuelles. Tel un rétrovirus ou un cancer, l'état a détruit, par son action, les défenses naturelles de la société contre les erreurs de ses membres.

Jetons un oeil à ces mécanismes déréglés par l'état. Vous déciderez après si ce système qui a failli peut être qualifié de libéral, ou pas.

Les mécanismes de défense mis à mal

On peut classer les interventions publiques qui ont déréglé la mécanique auto-correctrice des marchés en plusieurs catégories. Certaines appartiennent à un vaste système de subvention aux banques et autres institutions financières, destiné à abaisser le coût de leurs ressources, soi disant pour "faciliter le financement de l'économie". Elles existent partout. D'autres sont plus spécifiques aux USA, d'où la crise est partie, et concernent la réglementation bancaire, le marché du crédit. D'autres concernent la réglementation immobilière, et enfin, la dernière catégorie concerne les désastreuses interventions publiques lors du début de cette crise... et des précédentes.

Toutes ces distorsions sont abondamment documentées dans des articles précédents fournis en fin d'article, je me contente de les résumer ici.

1> monopoles d'émission de monnaies confié à des banques centrales :

En confiant à des bureaucraties monopolistiques, les banques centrales, le soin de définir la quantité de monnaie en circulation et la fixation arbitraire des taux d'intérêts de base consentis aux banques commerciales, les législateurs ont cassé la principale valve de sécurité protégeant l'économie de la formation des pires de toutes les bulles, les bulles d'actifs financées par un recours excessif au crédit, à savoir une hausse naturelle des taux dès que la demande de crédit devient outrageusement élevée par rapport à la production de valeur qui peut être anticipée.



2> Subvention fiscale des entreprises à fort effet de levier, particulièrement sensible dans le cas des entreprises financières :

Dans à peu près tous les pays du monde, les entreprises en général, et les banques en particulier, peuvent déduire de leur base taxable les intérêts versés aux créditeurs, mais pas les dividendes versées aux actionnaires. Il en résulte une propension bien documentée des entreprises, notamment financières, à privilégier des structures de financement de leur activité à très fort effet de levier. Ces structures de financement rendent par nature les entreprises en question bien plus vulnérables aux aléas conjoncturels. Le manque de fonds propres a été une des causes essentielles de l'insolvabilité de nombreuses banques, mais aussi de la fragilité de nombreuses entreprises non financières au début de la crise, non seulement dans l'automobile.

Cette distorsion fiscale opérée par les états en faveur des activités de crédit est sans doute la subvention la plus sournoise mis en place par les élites politiques pour complaire aux grandes puissances financières dont elles ont toujours recherché l'appui.

3> Ingérence directe des états dans la gestion des banques par le biais des réglementations de Bâle

La distorsion fiscale ci dessus aurait pu conduire certaines banques à vouloir opérer avec des niveaux de fonds propres quasi nuls. Le législateur, craignant plus que tout les faillites bancaires en cascade (l'on y reviendra), a cru bon d'imposer des niveaux de fonds propres minimaux, la plupart des pays traduisant dans leurs textes nationaux les recommandations dites de Bâle.

Outre que les niveaux retenus étaient sans doute insuffisants, la réglementation a eu pour effet d'uniformiser les structures de financement (passif) des banques : la distorsion fiscale empêchait les banques ambitieuses d'avoir plus de fonds propres que leurs concurrents (problème des coûts plus élevés), et le plancher défini par le législateur fixait un niveau de recours au fonds propres à peu près identique pour la plupart des établissement bancaires, même si ceux ci ont su faire pression sur le législateur pour donner au terme de "fonds propres" les définitions parfois les plus byzantines.

Cela voulait dire qu'en cas de défaillance du modèle de financement imposé par le législateur, toutes les banques souffraient des mêmes vulnérabilités. Un écosystème plus libre et fiscalement neutre aurait permis aux banques d'adopter des modèles capitalistiques de gestion du risque plus diversifiés, mieux à même d'éviter des défaillances systémiques.

4> Distorsion du jugement des pairs par l'octroi d'un oligopole de fait aux agences de notation officielles.

Les investisseurs et les commerçants ont toujours fait confiance à des organismes de rating pour juger de la solidité d'un investissement ou d'un partenaire commercial. N'importe quelle compagnie d'affacturage fournit de tels services. Mais la conjugaison des lois de Bâle et de l'obligation pour les banques de faire noter leurs portefeuilles par des agences ayant reçu un agrément d'état a engendré un triple effet pervers :
D'une part, un oligopole de fait d'un petit nombre d'agences agréées par les autorités de marché américaines s'est constitué (S&P, Moody's, et Fitch), l'agrément constituant une forte barrière à l'entrée de nouveaux acteurs,

De plus, les évaluations étaient payées non pas par des fournisseurs ou des investisseurs, qui auraient eu intérêt à ce que l'information soit sincère, mais par les émetteurs de dette eux mêmes qui devaient recevoir leur notation pour pouvoir figurer au portefeuille des banques et compagnies d'assurance ! La loi a introduit un conflit d'intérêt confirmé par de nombreuses révélations récentes sur la complaisance des notations d'agence...

...Lesquelles se sont complètement fourvoyées dans l'évaluation de la solidité des fonds immobiliers de titrisation des crédits hypothécaires, MBS en langage financier, et sur les obligations émises par ces fonds (CDO) selon des techniques de titrisation par tranche censées permettre à des titres de rapporter bien plus que des bons du trésor avec le même niveau de sécurité (AAA), et donc ne nécessitant pas d'augmenter leurs niveaux de fonds propres.
 
Combiné avec les règles de Bâle, le monopole de fait des agences de notation a conduit les investisseurs institutionnels à privilégier la présence de produits dérivés titrisés dans leurs portefeuilles, malgré les frais élevés supportés par ce type d'ingénierie financière, plutôt que des titres d'investissement directs, actions et obligations, ce qui a retardé la mise en évidence de l'insolvabilité des organismes émetteurs.

Pire, trop d'investisseurs ont cru pouvoir se reposer sur la notation des agences, qui étaient devenu une sorte d'étalon officiel de la solvabilité des débiteurs... La prétention de l'état à vouloir apposer son label, sa certification, sur tout ce qui bouge, a en l'occurrence été la source d'un dévoiement complet de nombre d'acteurs de la finance qui ont cru que l'on pouvait s'enrichir sans réfléchir.

5> Absence de gestion efficiente des faillites bancaires, remplacée par une culture délétère du sauvetage sur fonds publics.

La faillite d'une entreprise se soldant par l'incapacité de celle ci à tenir ses engagements, elle peut entrainer ce que l'on appelle des faillites en cascade. Or, une banque est l'entreprise qui fournit au commerce les instruments monétaires de sa fluidité. Aussi les gouvernements et les déposants craignent ils comme la peste le spectre de faillites bancaires en cascade.

On peut même dire que la banque a été promue par la plupart des états au rang d'activité qui n'a pas le droit de faire faillite, du moins lorsqu'elle atteint une certaine taille. Seules l'automobile et, dans une moindre mesure, l'agriculture, font l'objet d'autant de sollicitude.

Aussi les états se sont ils faits, ces dernières décennies, les chantres du "sauvetage" des canards boiteux de la finance avec l'argent du contribuable. De la continental Illinois aux caisses d'épargne, de LTCM à la crise actuelle, l'état américain a instillé une culture du sauvetage automatique des mauvais éléments par l'état en cas de difficulté. La France, lors de la faillite retentissante du Crédit Lyonnais, n'a pas agi différemment. La Grande Bretagne a ouvert les comptes publics pour Northern Rock et Royal Bank of Scotland.

En outre, la plupart des états ont garanti les comptes des déposants à des hauteurs toujours croissantes, au point que nombre de ces garanties sont sans valeur, tant les actifs à garantir dépassent la capacité de l'état providence. L'affaire Icesave en Islande, ou la menace que les mauvais comptes de l'anglo-irish bank font peser sur l'Irlande, sont la preuve que ces garanties sont insoutenables. Les comptes de la FDIC américaine sont dans le rouge vif, alors que les faillites de petites et moyennes banques ne semblent pas ralentir aux USA.

Toutes ces garanties implicites ou explicites ont créé une nouvelle race de managers bancaires, non actionnaires (ou faiblement) de leurs établissements, n'hésitant pas à sacrifier la stabilité à long terme de leur établissement pour encaisser de larges bonus à court terme. Le fait est que bien peu de ces managers d'avant crise ont été relevés de leurs fonctions. Certes, un Mozilo sera sans doute jugé, un Dick Fuld a disparu de la circulation, mais nombre de CEO et CFO responsables de la débâcle sont encore là.

Et le sauvetage des géants financiers actuels, tels que Fannie Mae, Freddie Mac, ou AIG, sans la moindre sanction significative des fautes de gestion pourtant évidentes commises, va perpétuer ces comportements licencieux.

Rappelez vous les deux commandements de l'entrepreneur : d'abord ne pas faire faillite, et ensuite gagner de l'argent. Et bien dans la banque, ils ont été inversés, pour le pire. On peut toujours accuser de court termisme les dirigeants financiers qui agi de la sorte. Mais qui a mis en place les incitations à se conduire ainsi ?

Il existe des moyens de gérer les faillites bancaires de façon ordonnée, moyens défendus par un large spectre d'économistes aussi différents que les "autrichiens" de l'université George Mason, des représentants de l'école de Chicago, ou un Nobel classé à gauche comme Joseph Stiglitz. Mais évidemment, ces moyens de gérer les faillites bancaires, qui supposent d'associer les détenteurs d'obligations bancaires aux pertes, déplaisent souverainement à l'establishment financier, qui préfère voir ses positions garanties par le contribuable, et qui a jusqu'ici bénéficié d'une complicité totale du pouvoir politique.

On peut toujours crier à la faillite libérale, comme le font certains, mais cette connivence là n'a rien à voir avec une économie libérale, un droit libéral, une société libérale. La crise est d'abord celle de la prétention de l'état a vouloir faire croire qu'il peut être le garant ultime de la stabilité économique, alors qu'il en est le principal fauteur d'instabilité.


6> Manipulation de deux monstres du crédit par la garantie et la contrainte.

Fannie Mae et Freddie Mac, entreprises qui furent publiques (car créées par le gouvernement américain) mais privatisées par la suite, ont géré avant crise jusqu'à 42% du marché du refinancement du crédit hypothécaire américain. Ces deux entreprises, bénéficiant à la fois de lignes de crédits garanties par le trésor et de garanties implicites, pouvaient se financer à un coût inférieur à celui qu'auraient porté des établissements privés faisant le même métier.

En contrepartie, à partir de 1993,leur placement sous la tutelle du ministère du logement américain (au lieu du trésor) les a forcé à remplir des objectifs "sociaux" du gouvernement américain, ce qui les a conduit à racheter à tour de bras des créances de basse qualité afin de permettre aux banques de prêter aux classes modestes. Endetter les pauvres pour les enrichir, que voilà une belle idée, vraiment.

Pour remplir ces objectifs, Fannie et Freddie ont obtenu de leur régulateur de tutelle de pouvoir s'affranchir des règles prudentielles pourtant déjà fort relâchées imposées au commun des banques : effet de levier de 80 à 1 (total des engagements égaux à 80 fois les fonds propres), et rachat de MBS douteuses émises par des établissements comme Countrywide par gigantesques paquets sous couverts d'opérations basées dans des paradis fiscaux off shore. D'anciens dirigeants de ces sociétés, convaincus de fraudes comptables, ont pu jusqu'ici éviter toute poursuite, ne serait-ce que pour leur seule incompétence avérée.

La Faillite de Freddie Mac et Fannie Mae devrait coûter plus de 400 milliards de dollars au contribuable américain, mais ces deux établissements n'ont pas été liquidés et continuent, sous les ordres de leur tutelle, de prêter aux quelques familles modestes qui le veulent encore, parce que le gouvernement, au lieu de laisser plonger l'immobilier, voudrait limiter les pertes de ce secteur, afin d'éviter aux banques de creuser encore plus leurs pertes. Là encore, la peur panique de la faillite bancaire en cascade sert de prétexte pour lessiver les classes moyennes au profit des grands dirigeants des fonds d'investissement de Wall Street.

On peut, et on doit blâmer un certain capitalisme pour ces scandaleux excès, mais de grâce, messieurs les atterrés et les autres, rouvrez vos livres, et n'incriminez pas le libéralisme, qu'il soit classique, néo, ultra ou giga, pour les maux qui sont ceux de l'ingérence de l'état providence dans les affaires du capitalisme.

7> Une accumulation de lois pléthoriques, incohérentes et pousse-au-vice, sur le secteur bancaire

Parler de déréglementation sauvage concernant le secteur bancaire en général, et le secteur bancaire américain en particulier, est une vaste plaisanterie. Depuis les années 20, le secteur bancaire US a été sous la coupe d'un nombre toujours croissant de textes, Mais certains prennent prétexte de de l'abolition de certaines dispositions assez contraignantes d'une loi ancienne, le Glass Steagall act, pour blâmer une dérégulation sauvage des banques.

La législation bancaire, qui a vu jusqu'à 70 000 pages ajoutées en une seule année (celle de Sarbanes Oxley), était pléthorique, et les deux lois de relative libéralisation de l'activité bancaire aux USA ces 20 dernières années, 1994 et 1999, ont été contrebalancées par d'autres des plsu dirigistes, et notamment l'une, le Community Reinvestment Act, voté en 1977 mais renforcé en 1995, qui s'est révélée particulièrement nocive, car elle a obligé les banques qui voulaient profiter de la loi de 1994 leur permettant de grandir par fusions-acquisitions d'éliminer tout ce qui aurait pu passer pour de la discrimination envers certaines minorités dans leurs réglements intérieurs d'octroi de crédit, sous peine de voir leurs fusions interdites par une des quatre (oui, quatre) agences officielles chargées de la supervision de ces accords. Au seul niveau fédéral, ce sont 12 000 agents publics qui étaient chargés de la supervision de l'activité bancaire.

C'est également un amendement de dernière minute du CRA qui a autorisé les deux entreprises parapubliques Fannie Mae et Freddie Mac de se lancer à corps perdu dans les produits dérivés de prêts subprime, avec toutes les garanties publiques nécessaires pour prendre les risques inconsidérés précédemment évoqués.

Parler de libéralisation du secteur bancaire américain dans de telles conditions relève purement et simplement de l'escroquerie intellectuelle.

8> Un marché immobilier totalement distordu par des lois organisant la rareté foncière

Ce point est rarement mis en avant, mais si tous les points précédents expliquent pourquoi l'offre de crédits a explosé au delà du raisonnable, celui ci explique pourquoi une douzaine d'états américains représentant un peu plus de 40% de la population globale du pays ont connu une bulle immobilière sans précédent, alors que 38 autres ont vu les prix rester stables malgré une demande souvent encore supérieure.

Les états où la bulle a été la plus forte se caractérisent par des lois foncières très contraignantes, où la constructibilité des terrains est très difficile à obtenir, par des mécanismes législatifs assez divers. La Californie, la Floride, le Nevada, l'Arizona, New York, sont les archétypes de ces états bullaires, au nombre de 12, qui ont concentré 85% des pertes hypothécaires lors de la première phase de la crise entre début 2007 et fin 2008. Ce rôle du foncier dans la bulle a été mis en évidence par des économistes d'horizon aussi divers que Randal O'Toole et Wendell Cox (libéraux) Ed Glaeser (centre droit) ou Paul Krugman (inutile de présenter).

En contrepartie, le Texas, Atlanta ou la Caroline du Nord n'ont pas connu la même bulle malgré une demande de logements souvent supérieure à celle des états bullaires, car dans un environnement législatif garantissant l'abondance foncière, les propriétaires de terrain constructible ou de maisons anciennes ne peuvent se montrer trop gourmands. Ces états n'ont été réellement touchés que par la deuxième vague de la crise, celle postérieure à octobre 2008, quand tous les établissements bancaires du pays, tous les épargnants, tous les ménages, ont vu leurs avoirs fondre comme neige au soleil à cause des déboires hypothécaires majoritairement survenus ailleurs.

Si les douze états bullaires avaient eu une législation du sol "à la texane", plusieurs calculs, dont les miens, montrent que l'exposition totale au risque du secteur bancaire aurait été inférieure de 4 000 milliards de dollars à ce qu'elle a été en sommet de bulle (sur 12 000 milliards - un tiers !), et que jamais les banques n'auraient pu faire de paris aussi risqués sur la solvabilité de leurs emprunteurs, sans l'illusion que l'immobilier servant de garantie continuerait de prendre plus de 10% annuellement. Sans parler de l'effet multiplicateur de risque de certains produits dérivés, qui n'aurait pu se matérialiser avec la même ampleur.

Les lois visant à restreindre le foncier constructible, notamment à la périphérie des villes, sont clairement d'inspiration planificatrice et interventionnistes. C'est bel et bien le manque de libéralisme foncier qui a fourni l'étincelle permettant à la bonbonne de gaz du crédit immobilier trop facile de s'enflammer.

Ces réglementations existent chez nous également, et ont eu les mêmes conséquences sur l'augmentation des prix immobiliers.

De la dette privée à la dette publique

Les principaux états les plus riches ont choisi, par peur panique de la faillite des établissements bancaires, de ne pas gérer la crise bancaire dans le sens de la protection des épargnants, mais dans celui de la protection des gros intérêts financiers. Ils ont donc choisi de transférer la charge des mauvaises affaires faites par les banques sur leurs contribuables, car leurs experts bancaires leur ont certifié que sans cela, les états nations vivraient de véritables cataclysmes sociaux et seraient incapables de maintenir l'ordre public. C'est à peu près en ces termes que Henry Paulson, le secrétaire au trésor de G.W. Bush, a vendu son premier plan de sauvetage au congrès américain.

Là encore, j'insiste, il s'agit bel et bien d'un comportement digne d'une kleptocratie, d'un capitalisme prédateur acoquiné avec l'état, mais en aucun cas d'une faillite du capitalisme libéral. Celui ci a depuis longtemps été perverti par l'alliance délétère de grandes entreprises financières et des états providence qui ont tellement besoin des marchés financiers (qu'ils vilipendent par ailleurs) pour financer leurs déficits abyssaux.

Oui, le déficit des états a augmenté avec la crise. Ce fait n'est pas contestable. Mais là encore, ce n'est pas l'état qui s'est porté au secours d'un système ultra-libéral, mais au secours d'un capitalisme socialisé, d'une social bourgeoisie qui fait ses choux gras d'une relation perverse entre état et finance.

Alors, puisque l'intervention de l'état dans l'économie, depuis des décennies, à conduit à totalement pervertir le comportement d'agents économiques clé, est il intelligent de vouloir, comme le la bande des quatre économistes attristés, renforcer ses pouvoirs ? Par quel miracle renforcer les pouvoirs de l'état réduirait il les tentations de la connivence entre l'état et les plus puissants des intérêts économiques ?

Nos quatre atterrants pensent-ils réellement qu'un organisme public chargé de prêter hors marché à des entreprises "socialement prioritaires" stockera de bonnes dettes saines, et que le prix des emprunts ainsi contractés couvrira les risques de défauts des emprunteurs ? Pensent ils réellement qu'une telle disposition rendra les agents publics chargés de sélectionner les agents économiques "socialement prioritaires" sages et vertueux, et que les candidats aux prêts bonifiés ne sauront pas contourner la législation "dans les coins" ? Les régulateurs publics ont été capturés par de puissants intérêts : suffirait il, comme par miracle de renforcer leurs pouvoirs pour qu'ils deviennent sages ? Comment diable ces êtres humains incapables, selon eux, de gérer sainement leurs affaires au sein d'entreprises privées pourraient ils comme par enchantement acquérir toutes les vertus nécessaires à la bonne supervision de la méchante économie de marché ?

Pensent ils sérieusement que permettre à la BCE de monétiser toutes les dettes des états ne permettra pas à ceux ci de se lancer dans les pires gabégies que l'on ait jamais vues ? Qu'une telle monétisation de la gabégie n'aboutira pas à transformer les euros que nous avons sur nos comptes d'épargnes en digne clones du dollar zimbabwéen ?

Et si les précédentes législations, qui sont le produit de l'empilage incohérent de lois, de contre-lois, de sur-lois, d'abrogations et promulgations, au cours du temps, ont fini par se montrer tellement perverses, quelle prétention fatale leur permet d'affirmer que la couche qu'ils veulent rajouter ne rajoutera pas d'autres effets pervers ?

Allons, tout ceci serait risible si hélas, il n'y avait pas des politiciens pour affecter d'y croire.


La solution ? Le marché libéré de l'état, la faillite pour tous les incompétents !

Les 8 mécanismes de marché cassés par l'état doivent être restaurés. Et en tout premier lieu, les banques doivent pouvoir faire faillite. Les déposants doivent être considérés comme les créanciers de plus haut rang, et les pertes liées à de mauvaises affaires doivent être absorbées par conversion de dettes en capital. Si les pertes excèdent les fonds propres, les actionnaires sont "nettoyés" et les dettes de la banque converties en part de capital, sinon, les actionnaires subissent une dilution contre les créanciers au prorata des pertes subies. Et surtout, l'état ne doit pas intervenir, jamais, pour sauver une banque privée en faillite.

Et s'il doit, garantie des comptes oblige - cette garantie est intrinsèquement mauvaise, mais politiquement, elle me paraît inévitable : il faut faire avec -, renflouer des déposants, alors la responsabilité des dirigeants bancaires sur leurs biens propres doit être engagée.

Afin de permettre aux investisseurs de détecter les établissements dont la gestion se détériore, afin de leur permettre de moduler leurs exigences en fonction du risque, il convient de forcer les banques à la plus grande transparence sur la composition de leurs portefeuilles, et de traiter comme des offenses correctionnelles toute manoeuvre de dissimulation des risques. En contrepartie, ce n'est pas à l'état de dire si une banque doit avoir 1% ou 60% de fonds propres, mais aux investisseurs de juger de l'adéquation entre structure capitalistique d'un établissement financier et niveau de risque à l'actif de son bilan.

Dans un tel fonctionnement, plus besoin pour l'état d'agréer certaines agences de notation : chaque investisseur doit être libre de l'expertise dont il s'entoure, et surtout, c'est à lui de payer l'évaluation de la qualité de la signature dans laquelle il investit, et non à l'émetteur de produits financiers de payer pour son auto-évaluation...

Les états devraient en outre cesser de discriminer fiscalement la formation de capital contre le recours à l'endettement, en intégrant les intérêts versés aux créanciers dans la base de l'impôt des sociétés, au même niveau que les dividendes versés aux actionnaires. La façon actuelle de taxer, qui n'est rien d'autre qu'une gigantesque subvention aux organismes de crédit et aux fonds obligataires, est incompatible avec l'accumulation de capital productif, celui qui permet à la société d'être perpétuellement en mouvement, d'innover, de créer les produits de demain et les emplois généralement bien payés qui vont avec. Le retour à ce que ses partisans appellent la "neutralité fiscale" doit être une des priorités. Accessoirement, un tel élargissement de l'assiette fiscale permettrait d'abaisser l'imposition marginale des entreprises, ce qui serait tout bénéfice pour leur capacité à former du capital.

Les USA doivent liquider Fannie Mae, Freddie Mac, et quelques autres agences aux rôles parallèles. Les pays qui disposent d'organismes identiques (je pense notamment à la Suède) chargés de refinancer le crédit sous parapluie étatique doivent faire de même. Le refinancement du crédit doit être une affaire purement privée. Quant à la séparation des activités de dépôt et de banques d'affaire, très populaire auprès de nombre de commentateurs, et partiellement réintroduite par la loi Dodd-Franck, je ne vois pas au nom de quoi l'état serait plus légitime qu'une banque ou ses actionnaires pour décider du bon modèle économique à suivre. Pourvu, je me répête, qu'en cas de mauvaise gestion, la faillite de la banque fautive puisse être gérée en bon ordre.

Les bulles immobilières étant économiquement les plus dangereuses, et socialement les plus pénalisantes, un urbanisme de liberté, garant d'une abondance foncière, doit être promulgué. Les lois de planification spatiale ultra rigides promues par des bureaucraties tirant leur pouvoir de leur capacité de blocage doivent être abrogées et le retour au respect du droit de propriété doit être la règle. Cela n'empêchera pas la formation d'autres bulles, mais au moins l'immobilier cessera d'être une matière hautement spéculative et volatile.

Enfin, un système monétaire sérieux doit prendre la place de la construction actuelle. Fini la monnaie dont le prix et la quantité sont gérés par des comités de vieux sâges chenus. Le retour à des monnaies de marché est inévitable si nous voulons fonder notre croissance sur des monnaies saines. Et pour cela, le recours aux étalons métalliques, s'il n'est peut être pas la panacée universelle, a toutefois largement fait ses preuves.


Ces quelques propositions de bon sens, aux antipodes de l'étouffement étatique de l'économie promis par nos quatre atterrés, permettraient aux agents économiques de détecter au plus tôt les entreprises financières les moins fiables, de leur mettre une pression réformatrice salutaire sur les épaules en renchérissant leur coût du crédit, et forcerait les mauvaises banques a des faillites relativement précoces, donnant aux autres un signal fort sur les nécessaires réajustement de leurs activités.
 
Vincent Bénard
Objectif Liberte.fr
  
Vincent Bénard, ingénieur et auteur, est Président de l’institut Hayek (Bruxelles, www.fahayek.org) et Senior Fellow de Turgot (Paris, www.turgot.org), deux thinks tanks francophones dédiés à la diffusion de la pensée libérale. Spécialiste d'aménagement du territoire, Il est l'auteur d'une analyse iconoclaste des politiques du logement en France, "Logement, crise publique, remèdes privés", ouvrage publié fin 2007 et qui conserve toute son acuité (amazon), où il montre que non seulement l'état déverse des milliards sur le logement en pure perte, mais que de mauvais choix publics sont directement à l'origine de la crise. Au pays de l'état tout puissant, il ose proposer des remèdes fondés sur les mécanismes de marché pour y remédier.  
Il est l'auteur du blog "Objectif Liberté" www.objectifliberte.fr
 
Publications :
"Logement: crise publique, remèdes privés", dec 2007, Editions Romillat
Avec Pierre de la Coste : "Hyper-république, bâtir l'administration en réseau autour du citoyen", 2003, La doc française, avec Pierre de la Coste

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MessagePosté le: Jeu 23 Sep - 20:14 (2010)    Sujet du message: Publicité

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