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:: Une Petite histoire du cartel de l’or ::

 
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€goldster


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MessagePosté le: Mer 21 Mar - 21:07 (2012)    Sujet du message: Une Petite histoire du cartel de l’or Répondre en citant

Une Petite histoire du cartel de l’or 
Article originellement publié le 03 mars 2010 


 
Les gouvernements veulent un cours de l’or peu élevé pour que les monnaies nationales fassent bonne figure, parce que l’or est reconnu depuis toujours et dans le monde entier comme « le canari dans la mine de charbon » quand on en vient à parler de la monnaie. Un cours de l’or en hausse fait apparaitre  une vérité déplaisante : la monnaie nationale est mal gérée et son pouvoir d’achat est surestimé.



Cette réalité a été mise en évidence par l’ancien Président de la Réserve Fédérale, Paul Volcker. A propos de l’essor du cours de l’or dans les années qui ont immédiatement suivi la fin de l’étalon-or en 1971, il note dans ses mémoires : « Une intervention coordonnée des ventes d’or afin de prévenir une hausse abrupte du cours de l’or n’a cependant pas eu lieu. Ceci fut une erreur ». Ce fut une « erreur » parce que la hausse du cours de l’or ronge la trame sur laquelle toute monnaie à cours forcé repose — la confiance. Mais ce ne fut une erreur uniquement du point de vue du banquier central, qui bien sûr est à l’opposé du point de vue de quiconque croit aux vertus d’un marché libre.

 
Le gouvernement américain a tenu compte de son expérience passée et a mis en œuvre le conseil donné par Volcker dans ses mémoires. Etant donné le rôle du dollar américain comme monnaie de réserve, c’est le gouvernement américain qui a le plus à perdre si le marché préfère l’or au dollar à cours forcé et érode le joug sur du privilège monopolistique que les américains se sont octroyés en à Bretton Woods en 1944.

 
Et ainsi donc le gouvernement américain intervient sur le marché de l’or pour donner au dollar l’apparence d’être digne de rester la monnaie de réserve mondiale, quand, bien sûr, il n’est pas à la hauteur des exigences de ce rôle privilégié. Le gouvernement américain fait cela en essayant de maintenir le cours de l’or bas mais cela est une tache impossible. A la fin, l’or gagne toujours—c'est-à-dire que son cours grimpe inévitablement plus haut que celui de la monnaie à cours forcé dévaluée. C’est bien entendu une vérité comprise et reconnue par les technocrates du gouvernement et autres « responsables » des politiques monétaires.


 
Ainsi, ayant conscience de la futilité du désir de limiter le cours de l’or, ils arrangent un compromis en laissant le cours de l’or augmenter un peu, disons de 15% par an. En fait, par rapport au dollar, le cours de l’or est d’environ 16,3% plus élevé par an en moyenne, sur ces dernières 8 années. En termes militaires, on pourrait dire que le gouvernement américain est en train de ménager une retraite pour sa monnaie à cours forcé dans un effort de contrôle de l’avance par l’or.

 
En conséquence, bien que le cours de l’or soit en hausse, il a moins augmenté qu’il ne l’aurait fait dans un marché libre parce que le pouvoir d’achat du dollar continue d’être surestimé. Ces gains ont commencé à partir de la valeur historique la plus basse de l’or en 1999. Il se peut que l’or ne soit pas un aussi bon investissement qu’en 1999, mais il n’en demeure pas moins encore aujourd’hui extrêmement sous-évalué.


 
Par exemple, jusqu’à la fin du 19ème siècle, environ 40 % de l’offre de monnaie était composée d’or et les 60% restants étaient la monnaie nationale. Alors que les gouvernements commençaient à usurper le privilège qui leur était accordé de battre monnaie et diminuaient intentionnellement le rôle de l’or, le rôle de la monnaie à cours forcé s’étendait au milieu du 20ème siècle à approximativement 90%. Les politiques inflationnistes des années soixante, en particulier aux Etats-Unis, cantonnèrent le rôle de l’or à moins de 2% au moment de l’abandon de l’étalon-or en 1971.

 
L’importance de l’or a rebondi dans les années 70, et provoqua les lamentations de Volcker sur les soi-disant erreurs des faiseurs de politiques économiques. Son pourcentage remonta aux alentours de 10% dans les années 80. Mais la part de l’or dans l’offre de monnaie mondiale déclina ensuite, n’atteignant plus qu’un pour cent en 1999. Aujourd’hui, elle est toujours en dessous des 2%.

 
De cette analyse, il est raisonnable de conclure que l’or devrait représenter au moins 10% de l’offre mondiale de monnaie. Parce qu’il est loin de représenter ce niveau, l’or est sous-évalué.

 
L’adultération continue du dollar poursuivie par les dirigeants politiques américains en termes économiques a deux avantages : 

 
-      Ces politiques empêchent  l’or d’atteindre son vrai niveau, le prix qu’il atteindrait naturellement sur un marché libre, 

-      Faire gagner du temps. Ce temps gagné permet de maintenir la monnaie à cours forcé à flot, de manière à ce qu’ils puissent en bénéficier, repoussant l’inévitable effondrement sur une administration future.

 
Alors comment le gouvernement manipule-t-il le cours de l’or?


 
Les gouvernements recrutent de très grandes banques, dont probablement Goldman Sachs, JP Morgan Chase et Deutsche Bank, pour manipuler le cours de l’or et des monnaies et soutenir les objectifs du gouvernement US. Ces banques sont le cartel de l’or. Je ne pense pas qu’il y ait d’autres membres dans le cartel, avec l’exception possible de la Citibank en tant que membre junior.

 
Le cartel agit avec l’appui implicite du gouvernement américain, qui absorbe toutes les pertes qui peuvent être subies par les membres du cartel qui manipulent le cours de l’or. Le gouvernement, de plus, fournit le métal physique requis pour mettre en œuvre la stratégie de négoce du cartel.

 
Comment un tel cartel est-il né ?

 
Il y eu un changement abrupt de  politique économique vers 1990. Il a été introduit par le Président de la Réserve Fédérale d’alors, Alan Greenspan, pour sauver les banques à cette époque. Les contribuables étaient déjà le point d’ancrage pour les milliards de dollars nécessaires au sauvetage de l’industrie des « caisses d’épargnes » et donc ajouter à cela un fardeau supplémentaire d’impôt était intenable. Greenspan se présenta alors avec une alternative.

 
Greenspan s’aperçut que le marché libre était une poule aux œufs d’or avec des ressources potentiellement illimitées, et se rendit compte de plus que ces œufs pouvaient être ramassés par le gouvernement américain en utilisant son énorme poids, c'est-à-dire ses ressources financières pour des interventions ponctuelles sur le marché libre, combiné à son pouvoir de propagande en utilisant les médias. En bref, il était plus simple de venir à la rescousse de toutes ces banques insolvables en tirant des profits gagnés peu honnêtement sur le marché libre que d’augmenter les impôts.

 
Les banques ont engendré ces profits grâce à l’augmentation de la pente de la courbe des taux d’intérêts par la Réserve Fédérale. Cette dernière a maintenu les taux à long terme relativement élevés tout en baissant les taux à court terme. Pour profiter de ce large écart, les banques ont joué elles-mêmes sur l’effet de levier et se sont endettées à court terme. Elles ont réinvesti leurs profits en achetant du  papier à long terme. Cette non-congruence de leur actif et de leur passif est devenue plus connue sous le terme de « carry trade ».


 
Le yen japonais était la monnaie privilégiée à emprunter. Lorsque la bourse de Tokyo s’effondra en 1990 et que la Banque du Japon poursuivait une politique de taux d’intérêts nuls pour raviver l’économie japonaise, une banque américaine pouvait emprunter des Yens japonais pour 0.2% et acheter des bons du Trésor américain rapportant plus de 8%, empochant la différence, ce qui fit des miracles pour les profits des banques et la reconstruction de leur base capitalistique.

 
L’or devint également un moyen privilégié d’emprunter en raison de ses taux d’intérêts faibles. Cet or venait des coffres des banques centrales mais les banques centrales refusaient de révéler combien d’or elles mettaient en leasing, laissant le marché de l’or opacifié et mûr pour une intervention des banquiers centraux qui prendraient leurs décisions à huit clos. La moitié de la quantité prêtée par les banques centrales a été estimée de manière assez certaine par diverses analyses publiées par le GATA entre 12 000 et 15 000 tonnes soit environ la moitié des stocks détenus au total par les banques centrales et quatre à six fois la production annuelle des mines d’or (environ 2 500 tonnes). Les banques sautèrent à pieds joints dans le négoce de l’or, ce que l’on appela le « gold carry trade ».

 
Le carry trade était une véritable manne pour les banques offerte par la Réserve Fédérale. Tout allait bien tant que le yen et l’or n’augmentait pas par rapport au dollar parce que cette non-correspondance entre des actifs en dollar et des dettes libellées en yen ou en or n’était pas couverte. Hélas, les deux, le yen et l’or commencèrent à se renforcer, ce qui bien sûr, si on leur permettait de s’apprécier suffisamment, génèrerait des pertes colossales sur ces positions de carry trade détenues par les banques. C’était un problème majeur parce que les pertes des banques auraient été considérables étant donné l’ampleur de ce commerce.

 
Ainsi le cartel de l’or a été créé pour manipuler le cours de l’or. Et tout d’abord tout alla bien, notamment grâce à l’aide reçue par la Banque d’Angleterre en 1999 qui vendit la moitié de ses réserves. L’or fut conduit à son niveau historique le plus bas et comme noté plus haut, ce cours si bas généra  son propre problème. L’or devint si incroyablement bon marché que les chasseurs de bonnes occasions autour du globe reconnurent cette opportunité exceptionnelle et la demande pour l’or physique commença son ascension.

 
Tandis que la demande augmentait, le cartel de l’or était confronté à un autre problème plus intraitable et imprévisible.

 
L’or emprunté par les banques centrales avait été refondu et battu comme pièces de monnaie, petits lingots et joaillerie monétaire qui étaient achetés par d’innombrables individus partout dans le monde. Cet or était maintenant dans des « mains fortes » et ces détenteurs d’or ne s’en déferaient que pour un prix beaucoup plus élevé. Alors où trouver l’or pour rembourser les banques centrales ?

 
Alors que le yen est une monnaie à cours forcé créée ex nihilo  par la Banque du Japon, l’or est un actif tangible. Comment les banques pourraient-elles rembourser l’or qu’elles avaient emprunté sans faire exploser le cours de l’or, faisant ainsi empirer les pertes sur leurs positions restantes ?

 
L’or emprunté des banques centrales ne serait pas remboursé, après tout, parce qu’obtenir de l’or physique pour rembourser les emprunts d’or aurait conduit  à faire exploser le cours de l’or. Ainsi commençant avec cette décade, le cartel de l’or conduirait la retraite ordonnée du gouvernement, permettant au cours de l’or de se mouvoir un peu vers le haut dans l’espoir que la plupart des gens ne s’en apercevraient pas. Etant donné sa fonction de « canari dans la mine » de l’or, un cours de l’or à la hausse crée une demande pour l’or et un cours de l’or qui croit rapidement ne ferait qu’aggraver les pertes de marché à marché du cartel de l’or.

 
Pour résumer, l’objectif du cartel de l’or est de limiter la hausse du cours de l’or à environ 15% par an. Pour ce faire les banques, avec le soutien plus ou moins implicite des gouvernements, interviennent et manipulent le marché de l’or de manière à générer des profits illicites destinés à compenser les pertes croissantes sur leurs emprunts sur l’or. 

 
Regardez simplement les pertes subies par certains grands gestionnaires de fonds sur leurs investissements en or pendant cette dernière décennie. Ils ont perdu des centaines, voire des milliards de dollars (de leurs clients), dollars qui ont été gagnés par les bullions banks pour compenser les pertes de leur carry trade sur l’or : tout cela pour permettre de maintenir le cours de l’or plus bas qu’il ne le serait naturellement.

 
Je ne vois que deux issues possibles. Ou bien le cartel de l’or va échouer ou bien le gouvernement américain aura détruit ce qui restait de marché libre en Amérique. J’espère que la première hypothèse sera la gagnante mais le cours des événements venant de Washington et les actions des « responsables » économiques me laissent à penser que la seconde alternative est la plus plausible.



James Turk

  
  
  
  
James Turk est le fondateur et le président de  GoldMoney.com, qui vous permet d’acheter de l’or et de le stocker à Jersey ou en Suisse. Il est le co-auteur de  The Collapse of the Dollar
 
  
Publié par Goldmoney.  Copyright © 2008. Tous droits réserves par James Turk. 

 

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MessagePosté le: Mer 21 Mar - 21:07 (2012)    Sujet du message: Publicité

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