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:: Les leçons du London Gold Pool ::

 
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€goldster


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MessagePosté le: Dim 23 Oct - 22:49 (2011)    Sujet du message: Les leçons du London Gold Pool Répondre en citant

 
Si nous examinons 6000 ans d’histoire monétaire, plusieurs “constantes monétaires” semblent apparaître clairement. Ces mêmes constantes sont apparues à travers les siècles et les millénaires, quelque soit l’empire, le dirigeant, ou la structure sociale de l’époque. Alors qu’il en existe plusieurs, trois de ces constantes sont importantes pour notre périple d’aujourd’hui à travers l’histoire.

 
  1. 1. L’argent est le résultat d’un marché libre qui fonctionne. Depuis que l’homme échange ses biens et services sur un marché, l’argent (ou tout autre moyen d’échange) a toujours émergé comme le résultat d’un processus de marché libre. Presque sans aucune exception, l’or et l’argent sont toujours apparus comme « la monnaie préférée du marché libre ». Aucune autre forme de monnaie n’a fonctionné aussi longtemps et aussi bien que les métaux précieux. L’or réservé aux plus grosses transactions et au commerce international et l’argent comme monnaie quotidienne, ont émergé naturellement et ne sont pas le résultat de l’application d’un décret d’un quelconque gouvernement ou d’un quelconque dirigeant.

 
 
  1. Le gouvernement est toujours intervenu. Depuis que la monnaie existe, les dirigeants et les gouvernements se sont immiscés profondément dans ce processus de marché libre, dans le but de contrôler, de manipuler et finalement de dévaluer la monnaie et son processus de création. Souvent, nous observons que les dirigeants d’une certaine époque travaillent en étroite collaboration avec les changeurs et les banquiers pour atteindre cette fin. L’intervention du gouvernement a finalement conduit à la ruine d’empires et d’économies complets et ce avec l’aide de la monnaie créée et contrôlée par le gouvernement.

 
  1. Le marché libre gagne toujours. Finalement, le processus de marché libre terrasse le processus d’interférence du gouvernement. Et tandis que l’intervention du gouvernement, de la régulation de la monnaie et des marchés finissent par échouer, le marché libre refait surface et conduit à une résurgence du « marché libre » de l’or et de l’argent.

 
Dans les siècles récents, alors que la monnaie elle-même et les méthodes d’intervention du gouvernement se sont transformées et sont devenues de plus en plus sophistiquées, les lois fondamentales et immuables du marché libre n’ont pas changé.

 
Ces derniers mois, et cela est dû en partie au travail du GATA, les supputations pour savoir s’il y a bien eu des manipulations cachées sur le marché de l’or ont repris la vedette parmi les derniers fidèles « scarabées d’or » [Ndlr: défenseurs historiques de l’étalon-or  à la fin du 19[sup]ème[/sup] siècle portant comme signe de reconnaissance une broche en or en forme de scarabée] et les investisseurs à contre-courant.

 
A la lumière de preuves accablantes, les possibilités données aux puissantes banques centrales et aux institutions financières concluant de supprimer le prix de l’or semblent pour un grand nombre de gens fort peu probables, voire extrêmes ou même tirées par les cheveux. Cependant, il suffit de revenir un peu en arrière dans le cours de l’histoire pour s’apercevoir qu’il y a bien eu plusieurs exemples d’interventions infructueuses ces dernières décennies incluant les enchères du Trésor US au milieu des années 70 et la tentative la plus célèbre, le Gold Pool de Londres dans les années 60. Comme à n’importe quelle autre période de l’histoire, cette intervention du gouvernement sur le marché de l’or a été motivée par la création monétaire, et plus précisément, par la défense et le soutien de la monnaie de réserve mondiale, le dollar américain.

 
Le marché de l’or de Londres



Pendant la première moitié du siècle dernier, Londres a joui d’une position privilégiée en étant le premier marché mondial de l’or. Depuis le début des années 1900, pratiquement toute la production d’Afrique du Sud était acheminée par voie maritime vers Londres afin d’être vendue. L’or rhodésien, ghanéen et une large part de la production russe ralliaient également Londres. En fait, jusqu’à la crise de l’or de 1968, pratiquement 80% de l’or mondial nouvellement extrait transitait par Londres.

 
Chaque matin, tous les regards se tournaient vers Londres et le monde attendait impatiemment le « fixing londonien de l’or », un rituel quotidien entouré de mystère depuis sa création en septembre 1919. Ce n’est qu’en 1968 qu’on introduisit un « fixing de l’après-midi » coïncidant avec l’ouverture des marchés américains. Pour l’anecdote, pendant les années d’après guerre, les années cinquante et la majeure partie des années 1960, le prix de l’or s’est rarement aventuré au-delà des 35 $ d’un écart de 20 cents atteignant, au plus, 35.20 $. Pendant cette époque, une variation quotidienne de 2 cents faisait la une des journaux.

 
L’ère du dollar



En 1944, la conférence de Bretton Woods vit le dollar américain émerger en tant que seule monnaie mondiale de réserve. Sous le régime de Bretton Woods, les monnaies nationales étaient couplées au dollar américain qui lui-même était relié à l’or au taux fixe de 35.20 dollars l’once. Dans les termes de l’accord de Bretton Woods, les banques centrales étrangères et les Trésors étaient autorisées -de droit- à convertir leurs dollars US en or au taux de 35.20 $ l’once.

 
Au début des années 50, il y eu en général une pénurie de dollars sur le marché international. Cependant, les années passant, les USA commencèrent à envoyer des quantités de dollars toujours plus importantes à l’étranger pour financer leurs déficits commerciaux avec le reste du monde. A la longue, la quantité énorme de dollars détenus par l’étranger commença à menacer les réserves d’or américaines. A la fin des années 50, les réserves américaines qui avaient atteint leur apogée en 1949, commencèrent à s’amenuiser rapidement. La demande d’or mondiale avait augmenté dramatiquement comme c’est particulièrement le cas pendant chaque crise perçue.

 
L’or à 40 $



Le prix de l’or fixé à Londres était crucial pour maintenir les réserves américaines stables. S’il pouvait être maintenu à 35.20 $ l’once, il serait meilleur marché d’acheter de l’or à Londres que de l’autre côté de l’Atlantique, où le transport et l’assurance ajouteraient encore 20 cents, voire plus.

 
La fin des années 60 coïncidait avec une période électorale aux Etat-Unis. L’inquiétude et la spéculation régnaient à propos de ce que le nouveau président ferait pour résorber le déficit de la balance des payements et l’on s’interrogeait à propos d’une dévaluation possible du dollar. Réagissant à cette incertitude, une panique soudaine d’achat d’or porta un après-midi d’octobre le prix au dessus des 40 $ l’once. Un accord fut obtenu, après un coup de fil d’urgence -de nuit- entre la Banque d’Angleterre et la Réserve Fédérale américaine, selon lequel la Banque d’Angleterre fournirait à la vente une quantité d’or considérable de manière à réduire et stabiliser le cours de l’or.

 
Le Gold Pool de Londres
Le président Kennedy prit le pouvoir en janvier 1961. Toute l’année les rapports des banques et du gouvernement avaient circulé formulant des politiques de sauvegarde en vue de prévenir de futures hausses de prix. Les Etats-Unis avaient clairement montré qu’ils souhaitaient mettre un terme à l’hémorragie des leurs propres réserves d’or.

 
Le sous-secrétaire du Trésor américain nouvellement nommé, Robert Roosa, et les officiels de la Réserve Fédérale suggérèrent que les USA, la Banque d’Angleterre et les banques centrales de l’Allemagne de l’Ouest, de la France, de la Suisse, de l’Italie, de la Belgique, des Pays-Bas et du Luxembourg devraient former un consortium des ventes de manière à éviter que le prix de l’or sur le marché n’excède pas les 35.20 $ l’once.

 
Dans le cadre de l’arrangement du “Gold Pool de Londres”, les banques membres fourniraient un quota d’or au pool central, la Réserve Fédérale couvrirait les contributions totales sur la base d’un contre un. Pendant une période de hausse des prix, la Banque d’Angleterre, l’agent, pourrait retirer de l’or du pool et le vendre sur le marché pour limiter la hausse des prix ou bien les faire baisser. A l’automne 1961, le prix de l’or à Londres recommença à grimper lentement. En novembre, avec ce mécanisme en place, les prix furent stabilisés de nouveau dans un corridor compris entre 35 $ et 35.20 $.

 
En février 1962, le gold pool achetait de l’or si le prix baissait et en vendait s’il montait. Ceci continua pendant encore quelques années stabilisant quelque peu le prix de l’or à Londres et en dépit de l’extraordinaire demande pendant la crise cubaine résultant des tensions de plus en plus fortes entre Washington et Moscou.

 
Feu sur tous les fronts



En 1965, le gold pool fournissait constamment plus d’or pour limiter l’augmentation des prix qu’il n’en récupérait. Le début de la fin du Gold Pool de Londres fut marqué par la dévaluation de la livre sterling en novembre 1967, causant une ruée supplémentaire sur l’or. Pendant tout le mois de décembre de cette année-là, Londres vendit environ 20 fois plus d’or qu’à son habitude sur le marché. Sous la pression du pool, Londres et Zurich cessèrent leurs ventes d’or à terme. En quelques semaines, le pool avait vendu plus de 1 000 tonnes, pour la somme non négligeable à cette époque-là de plus de 1.1 milliards de dollars.

 
Pendant ce temps, la France conduite par un Charles de Gaulle connu pour son franc-parler et son ardent économiste, Jacques Rueff, se retira du pool et confirma sa position de renvoyer vers les USA tous les dollars obtenus grâce aux exportations en échange d’or physique plutôt que de bons du Trésor américain. A ce point, le drainage de l’or imposé aux USA devint insoutenable. L’escalade constituée par la guerre du Vietnam au début de 1968 renouvela la pression sur le dollar tandis que les USA avaient maintenant la balance des paiements la plus déficitaire au monde.

 
Comme tout au long de l’histoire, pendant une crise, l’or était encore la vedette sur la scène et la demande explosait.

 
La crise mondiale de l’or



Le 8 mars, Londres vendit 100 tonnes d’or sur le marché comparé à 5 tonnes un jour normal. Le samedi suivant, le pool déclarait que « le Gold Pool de Londres réaffirme sa détermination de soutenir le pool à un cours de 35 $ l’once ». Le président de la Fed William McChesney-Martin annonçait que les USA défendraient le prix de l’or à 35 $ l’once « jusqu’au dernier lingot ».

 
Cette semaine-là, le Gold Pool de Londres continua de se battre contre le marché et défendit l’or à 35.20 $ l’once. En milieu de semaine, il avait déjà affrété en urgence plusieurs avions en provenance des USA pour satisfaire la demande à Londres. Le mercredi, le marché de Londres vendit 175 tonnes soit 30 fois la quantité journalière habituelle. Le jeudi la demande dépassa les 225 tonnes.

 
Des réunions d’urgence furent tenues ce soir-là à Buckingham Palace, et la Reine déclara directement à leur suite le vendredi 15 mars un « jour férié pour les banques ». Roy Jenkins, le chancelier de l’échiquier, annonça que la décision de fermer le marché de l’or faisait suite à « une requête des Etats-Unis ».

 
Un marché à deux vitesses



Le marché de l’or de Londres demeura fermé pendant 2 semaines au cours desquelles le Gold Pool de Londres fut officiellement démantelé. Pendant ces deux semaines, les marchés français et de Zurich continuèrent de négocier librement l’or qui partait à plus de 44 $ l’once (soit 25% de plus que le cours officiel de Londres de 35.20 $).

 
Quinze jours plus tard, un prix différencié était annoncé au monde entier, par lequel le prix officiel de 35.20 $ était toujours valable entre banques centrales tandis que le marché pourrait négocier son propre prix, le marché de Londres rouvrant le 1er avril.

 
Les leçons à tirer du Gold Pool de Londres



Le Gold Pool de Londres qui était voué à l’échec nous donne de claires et nombreuses leçons valables pour notre époque.

 
  1. Les manipulations des marchés par les gouvernements aidés des banquiers centraux et de puissantes institutions financières existent bel et bien, et spécialement quand les monnaies nationales et particulièrement les monnaies de réserves sont menacées. Comme énoncé précédemment, dans toute l’histoire, les gouvernements se sont immiscés profondément dans les processus de marché libre pour atteindre leurs propres fins. Il n’est donc pas déraisonnable de s’attendre à ce que si les gouvernements deviennent particulièrement impliqués dans la suppression du prix de l’or au cours des années 60, ils ne le fassent pas aujourd’hui encore.

 
  1. L’histoire a démontré de manière certaine que les manipulations du marché libre finissent toujours par échouer, aucun contrôle gouvernemental, aucune intervention ou manipulation des prix ne pouvant altérer le fonctionnement du marché libre à long terme, et le Gold Pool de Londres ne constitue pas non plus une exception. Aucune quantité d’or, quelque soit la quantité aéroportée sur le marché de l’or par le Gold Pool, ne peut satisfaire la demande si les investisseurs ont décidé en masse de chahuter le marché.

 
  1. Ceux-là mêmes qui orchestrent l’intervention sur le marché finissent pas souffrir des pertes considérables lorsque leurs efforts prennent fin. Lorsque le Gold Pool fut officiellement démantelé au début 1968, il avait coûté aux pays membres de nombreux milliards de dollars (beaucoup d’argent à cette époque-là). La Banque d’Angleterre n’a jamais regagné sa position privilégiée et son prestige sur le marché de l’or après l’effondrement du Gold Pool de Londres. Comme l’un des négociants du marché de l’or à Londres l’a dit « la Banque d’Angleterre n’est plus le maître à bord, c’est juste un bureau de poste ou un entrepôt dans lequel l’or est stocké avant d’être vendu sur le marché ».

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                              

  1. Les marchés qui ont été artificiellement brimés explosent de manière dramatique lorsque l’étouffement du marché se termine. Pendant les douze années allant de 1968 jusqu’au sommet du marché haussier, le prix de l’or a augmenté de 2 300%. On a dit que « plus la manipulation est grande et longue et plus le prix s’envole par la suite ». Aujourd’hui, avec des quantités d’or impliquées encore bien plus importantes et dans un modèle d’étouffement du prix de l’or plus hasardeux que jamais (considérons les 10 000 à 15 000 tonnes par rapport aux 3 000 tonnes de l’ère du Gold Pool), et le tout sur une durée plus longue, on peut en conclure que le prix de l’or pourrait bien être projeté beaucoup plus haut que les 2 300% de la fin des années soixante et soixante-dix.  Si l’on comparait cette hausse à la période actuelle, un mouvement similaire de 2 300% catapulterait les cours de l’or aux alentours de 6 400 $ l’once.

 
 
Philip Judge
 

 
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MessagePosté le: Dim 23 Oct - 22:49 (2011)    Sujet du message: Publicité

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