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:: Pourquoi Goldman Sachs peut vous ruiner ::

 
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€goldster


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MessagePosté le: Lun 16 Aoû - 18:56 (2010)    Sujet du message: Pourquoi Goldman Sachs peut vous ruiner Répondre en citant

Dieu vient de prendre une bonne raclée. Goldman Sachs est un symbole, celui de la banque d'investissement qui prend tous les risques, n'en assume pas les conséquences et qui sort grandie de la tourmente. Mais aujourd'hui la banque américaine a de gros ennuis. Qui risquent de menacer votre portefeuille.

Jusqu'à présent, Goldman Sachs était passé entre les gouttes. La banque n'a pas fait faillite pendant la crise des subprime, elle a empoché avec un grand sourire l'argent du gouvernement américain et l'a utilisé pour spéculer sur les marchés ou mieux pour le prêter avec un taux d'intérêt canon à l'administration Obama. Elle a même réussi à refourguer ses monceaux d'actifs pourris à cette bien bonne Fed. Conclusion, en 2009, Goldman Sachs a pu afficher des profits à faire pâlir de jalousie les autres mastodontes financiers.

Goldman Sachs a trempé dans la faillite de son concurrent Lehman Brothers, dans les petits arrangements avec l'Union européenne de la Grèce, dans la spéculation contre l'euro... Bref, Goldman Sachs était de tous les sales coups et la seule conséquence était quelques milliards de plus en coffres.

Vendredi dernier, coup de tonnerre sur les marchés, l'autorité de régulation des marchés américains, la SEC, a déposé une plainte civile pour fraude à l'encontre de Goldman Sachs. La banque est accusée d'avoir délibérément caché à ses clients des informations primordiales sur des produits dérivés de l'immobilier qu'elle leur vendait.

Comment transformer des emprunts douteux en produits financiers attractifs
Petit retour en arrière, au début des années 2000, période d'insouciance dans laquelle tout le monde s'imagine que le marché immobilier américain sera éternellement haussier. Les banques ont alors accordé beaucoup de prêts à des gens qui ne seraient pourtant jamais en mesure de les rembourser.

Les banquiers, jamais en manque d'inspiration en ce qui concerne la création de produits dérivés, se sont alors jetés sur les RMBS (residential mortgage-backed securities). Les RMBS sont des emprunts hypothécaires immobiliers "à risque" – entendez "qui ne pourront être probablement pas être remboursés".

A partir de ces RMBS, les banques ont créé des CDO (collateral debt obligation). Les CDO sont un emballage supplémentaire. Les RMBS sont regroupés par paquets de 120 ou 150 au sein d'un même CDO.

En apparence, les CDO sont très attractifs pour les investisseurs. Car pour apposer un label de qualité sur leurs CDO, les banques font appel aux agences de notations. Evidemment, à ce niveau-là de complexité, plus personne n'arrive à déterminer clairement la valeur d'un CDO. Quant à le noter de manière fiable...

Pourtant, les CDO, dont ceux de Goldman Sachs, sont bien notés par les agences de notation et paraissent offrir un magnifique rendement pour un risque très faible.

Un fumet inquiétant
Au milieu de ce bel optimisme de façade, certains investisseurs particulièrement malins ont commencé à se dire que cela allait mal se terminer. Trop d'argent a été accordé sans aucune garantie. Bref, cela sent le roussi. Parmi ces extra-lucides de la crise, le gérant de fonds John Paulson. Dès 2007, son fonds parie sur la chute du marché immobilier américain.

Là où l'affaire devient particulièrement croustillante, c'est que Goldman Sachs est allé demander conseil à Paulson pour créer ses CDO. Paulson a choisi les CDO les plus risqués à mettre dans le paquet-cadeau de Goldman... Paulson, juge et partie – mais qui n'a aucun risque d'être inquiété par la SEC – a conseillé la création de CDO qui reposaient sur la hausse du marché immobilier américain, alors que lui justement pariait sur sa baisse.

Voici le pari de Paulson : il a à la fois vendu à découvert ces RMBS à risque et a acheté des assurances contre leur risque de défaut, des CDS (credit defaut swap). Ces CDS ne pouvaient que prendre de la valeur à mesure que les taux de défauts des CDO enflaient.

Quand la crise des subprime a éclaté, Paulson a évidemment empoché le pactole. Grâce aux CDS, Paulson a gagné un milliard de dollars. Et ceux qui endossaient le risque ont perdu un milliard. La banque néerlandaise ABN Amro y a ainsi laissé un plumage entier (800 millions de dollars) et l'allemande IKB une bonne partie de son ramage (150 millions).

La défense de Goldman Sachs face aux accusations de la SEC ne manque pas de sel. La banque prétend avoir perdu 75 millions de dollars à cause de CDO et donc ne pas avoir été motivée par l'appât du gain...

Pourquoi l'affaire est une mauvaise nouvelle pour les marchés... et donc pour vous
Premièrement, les autorités de régulation de marchés ont manifestement décidé de montrer de quel bois elles se chauffent. Goldman Sachs semblait intouchable, la SEC veut montrer qu'elle n'a peur de rien. Mauvaises nouvelles pour les marchés qui carburent depuis un an avec l'argent de la spéculation et qui prennent des paris de plus en plus risqués pour se refaire. Les banques ne veulent pas entendre parler de régulation, quelle qu'elle soit. Et les investisseurs le répercutent dans les cours : dès qu'on reparle de régulation, les marchés plongent...

L'annonce de la SEC a fait plonger Goldman Sachs de 12,6%.

Et tout le monde sait que si la SEC commence à fouiner, c'est toutes les grandes banques qui risquent de se voir reprocher leurs pratiques douteuses. GS n'a pas été la seule à refourguer à ses clients des produits dérivés ultra-risqués mais présentés comme sûrs.

Deuxièmement, l'attaque de la SEC est particulièrement intelligente car elle se place sur le champ de la morale et de la confiance. Goldman Sachs n'est pas accusée d'avoir trituré du crédit immobilier pourris, mais d'avoir sciemment vendus ces CDO en sachant qu'un de ses gros clients – Paulson et son fonds – faisait le pari inverse.

Cette accusation risque donc d'ébrancher la confiance des marchés. Or, alors que les données fondamentales font grise mine, la confiance est indispensable à la poursuite de la hausse. Si les investisseurs commencent à douter des banques qui tirent les marchés actions vers le haut depuis un an, le soufflé haussier pourrait se dégonfler.

Plus grave, Goldman Sachs a trempé dans le gonflement de toutes les bulles de dettes qui sont encore en cours. Vous avez entendu parler de la manière dont Goldman Sachs a aidé la Grèce à dissimuler plus d'un milliard d'euros de dette – empochant au passage la coquette commission de 300 millions de dollars.

Mais la Grèce n'est que la pointe de l'iceberg. Partout dans le monde, les grandes banques... travaillant main dans la main avec des politiciens plus soucieux de garder leur poste que d'assainir les finances publiques... ont créé des milliers de milliards d'euros d'obligations financières, en grande partie cachées au public.

Cécile Chevré
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MessagePosté le: Lun 16 Aoû - 18:56 (2010)    Sujet du message: Publicité

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