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MessagePosté le: Dim 27 Mar - 14:31 (2011)    Sujet du message: Euro : la Bundesbank ne pardonnera jamais... Répondre en citant

Euro : la Bundesbank ne pardonnera jamais...
Par Charles Gave le jeudi 10 mars 2011, 15:16


Monsieur Weber, gouverneur de la Bundesbank a démissionné, et de la Bundesbank,et du conseil de la BCE, tant il était en désaccord avec la politique suivie par le Conseil et monsieur Trichet auquel il était censé succéder..
Depuis 40 ans que je fais ce métier, j’ai rarement été d’accord avec ce que faisait la Bundesbank, et pourtant cette chère institution était un des piliers indispensables de la stabilité financière mondiale tout simplement parce qu’elle défendait une notion que je considère particulièrement juste de ce qu’est la MONNAIE.

Comme chacun le sait, nous utilisons la monnaie pour mesurer la valeur des choses, ou des biens, dans les secteurs marchands de l’économie. Mais personne n’a jamais pu expliquer pourquoi la monnaie avait de la valeur alors qu’elle ne coùte rien a produire…
Deux explications s’opposent sur ce point essentiel et essayent d’éclairer ce grand mystère :
Citation:

1. La première, que j’appellerai l’explication par l’Etat, soutient qu’émettre la monnaie fait partie des privilèges régaliens, que l’Etat a le monopole de la violence, et que donc si quelqu’un venait à refuser la monnaie locale pour le règlement des contrats qui le lient aux autres membres de la communauté nationale, il irait en prison. L’Etat, garant de la monnaie, en est donc littéralement le propriétaire, et il peut faire respecter ses prérogatives selon son bon plaisir. La valeur de la monnaie dans ce cas est fondée sur la violence étatique. La monnaie est donc l’un des outils que la puissance étatique peut utiliser pour arriver a ses fins.


Citation:


2. La deuxième, que j’appellerai l’explication par le « contrat social », souligne que la monnaie est un « bien commun », transgénérationnel, dont la population se sert parce qu’elle le veut bien, et dont la gestion doit être confiée a une organisation autonome, apolitique, et sur laquelle le personnel de gouvernement n’a aucun pouvoir, tant chaque Etat par nature prédateur va vouloir s’en emparer pour la gérer au profit du personnel politique du moment.



Dans la réalité, ce rôle de soutien du bien commun est confiée a une sorte de technocratie non héréditaire, qui se renouvelle soit par cooptation, soit par nomination venant de l’extérieur, la personne cooptée ou nommé devenant immédiatement indépendante constitutionnellement des pouvoirs politiques ou sociaux qui l’ont choisi, en théorie du moins. L’exemple qui vient à l’esprit est celui de la cour suprême aux USA. Dans ce second cas, la valeur de la monnaie sera fondée sur le fait que la monnaie est un bien commun dont la valeur est constitutionnellement protégée des envahissements étatiques par une assemblée d’hommes sages que pas un politique ne pourrait attaquer sans perdre le pouvoir La monnaie est donc, dans ce cas, l’un des rares endroits où l’Etat ne contrôle rien, et l’Etat ne peut en aucun cas se servir de la monnaie pour arriver aux buts qu’il s’est fixé.
Inutile de souligner que la Bundesbank était le défenseur féroce et sans compromission de la seconde thèse dans le monde moderne.
Je peux en donner un exemple ici pour illustrer mon propos.Lors de la réunification allemande, monsieur Kohl a jugé bon d’échanger un Ost Mark contre un Deutsch Mark, et ce pour des raisons politiques. Cette conversion fit exploser à la hausse la masse monétaire allemande dont la gestion était confiée a la Bundesbank. Le Gouverneur de l’époque, le légendaire Karl Otto Poehl donna immédiatement sa démission et la Bundesbank, pour contrecarrer cette introduction du politique dans sa chasse gardée, maintint pendant 5 ans des taux réels extraordinairement élevés (qui tuèrent l’économie française à l’époque), jusqu'à ce que la masse monétaire gonflée par la conversion soit revenue dans sa piste normale. Tous les politiciens européens se souviennent avec douleur de cet épisode marqué par la crise du Sterling et de la Lire, l’effondrement du Crédit Lyonnais et de l’immobilier en France etc..
Il est de notoriété publique que la Bundesbank était fortement opposée à l’euro et qu’elle ne l’a accepté que parce que la définition de la monnaie ayant cours légal en Allemagne est, de fait, un principe régalien. Mais elle n’a entériné l’euro qu’à la condition que la BCE ne puisse jamais acheter des obligations d’état, c'est-à-dire à la condition que la politique ne puisse en aucune façon interférer avec la gestion de la monnaie. Promesses d’ivrognes...
A la première crise d’un état européen, la Grèce, la BCE et son Gouverneur, le Français Jean Claude Trichet firent comprendre aux autorités politiques allemandes qu’il fallait que l’Allemagne choisisse entre sa conception de la monnaie et la survie de l’euro, c'est à dire entre la monnaie instrument du politique et la monnaie disciplinant le politique. L’euro fut choisi, ce qui veut dire que la conception de la monnaie en tant que bien appartenant à l’état vient de remporter sa plus grande victoire , que cette victoire a été entérinée par la démission de monsieur Weber, et qu’il n’y a plus une seule monnaie dans le monde qui ne soit pas la création et la créature d’un état ou d’un autre , ce qui va permettre la multiplication des bêtises étatiques. La gouvernante grincheuse qui maintenait les enfants dans le droit chemin vient d’être virée… au soulagement général des galopins
Mais la Bundesbank n’oublie jamais et ne pardonne jamais, comme toute ma carrière me l’a démontré.
A partir de maintenant l’obsession de la Bundesbank va donc être de mettre des conditions tellement draconiennes au sauvetage des pays sinistrés que les pouvoirs locaux vont se dire qu’il vaut mieux sortir que rester.
Bref, la nation allemande, qui vient d’être violée comme rarement dans son histoire récente, va sans doute se ranger derrière la bannière de la Bundesbank, et peut être le Tribunal Constitutionnel allemand va-t-il défendre la notion allemande de la monnaie. De toute façon, la CDU, ayant trahi en rase campagne, est foutue pour les prochaines élections : Jamais les électeurs allemands ne pardonneront a Mme Merkel, jamais…
La bataille entre les eurocrates et la Bundesbank vient donc de commencer. Elle sera longue. Je ne donne pas automatiquement la Bundesbank perdante. A partir de maintenant, je vais réfléchir à ce que cette guerre larvée veut dire pour les marchés financiers en général, et pour l’Europe en particulier - ce qui veut dire qu’il va falloir que je remette en question bien des a priori que j’ai développés depuis 40 ans.
Compte tenu du temps qui me reste, autant s’y mettre le plus tôt possible…mais tout remettre en cause, a mon âge…Foutu euro… Autant m’y mettre tout de suite. A suivre donc.
La version originale de cet article de Charles Gave a été publiée dans Investir/JDF en date du 22 février 2011.
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MessagePosté le: Dim 27 Mar - 14:31 (2011)    Sujet du message: Publicité

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